Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Pour toute variable aléatoire X d’espérance μ et de variance σ2 :
P(∣X−μ∣≥ε)≤ε2σ2
Autrement dit : P(∣X−μ∣<ε)≥1−ε2σ2
Interprétation : La probabilité de s’éloigner de plus de ε de la moyenne est bornée par ε2σ2.
Application à la fréquence
Soit X1,…,Xn des variables de Bernoulli indépendantes de paramètre p.
La fréquence empirique est Fn=nX1+⋯+Xn.
E(Fn)=pV(Fn)=np(1−p)
Par Bienaymé-Tchebychev :
P(∣Fn−p∣≥ε)≤nε2p(1−p)≤4nε21
Car p(1−p)≤41 pour tout p∈[0,1].
Loi des grands nombres
Théorème : Quand n→+∞, P(∣Fn−p∣≥ε)→0 pour tout ε>0.
Interprétation : La fréquence observée converge en probabilité vers la probabilité théorique quand le nombre d’expériences augmente.
Intervalle de fluctuation
Pour n grands, la fréquence Fn est dans l’intervalle de fluctuation au seuil 95 % :
[p−n1,p+n1]
(obtenu en appliquant P(∣Fn−p∣≥n1)≤4n1⋅n=41≤0,05 si n≥5… en pratique n≥25)
Exemple numérique
On lance n=100 fois un dé équilibré. p=P(obtenir un 6)=61.
V(F100)=10061×65=36005≈0,00139
P(∣F100−61∣≥0,1)≤0,015/3600≈0,139
Donc avec probabilité ≥86%, la fréquence observée est à moins de 0,1 de 61.